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L’Afrique doit-elle abandonner le franc CFA ?





L’activiste franco-béninois Kémi Séba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes, vient de relancer la polémique en brûlant un billet de 5 000 francs CFA, lors d’un rassemblement contre la « Françafrique » à Dakar (Sénégal). Ce geste lui a valu une plainte de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Arrêté, relâché, il vient d’être expulsé du Sénégal, où il a commis cet acte. Un acte qui a rouvert un vieux débat et a ravivé les tensions entre pro-CFA et partisans d’un « CFAxit ».

Le Franc CFA, c’est quoi ?

Au départ, « franc CFA » était l’acronyme de « franc des colonies françaises d’Afrique ». On lui préféra, plus tard, l’appellation moins sensible de « franc de la communauté financière d’Afrique (BCEAO) » et de « franc de la coopération financière en Afrique (BEAC) ». Cette monnaie commune a été créée en 1945 par le Général de Gaulle afin d’établir une zone « franc » dans les colonies.

Cette zone franc est aujourd’hui divisée en deux grands espaces avec deux banques centrales distinctes. Les États d’Afrique centrale avec la BEAC, distincte de la BCEAO pour les États d’Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, en dépit de l’indépendance formelle de l’Afrique, le Franc CFA perdure dans les pays suivants : le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, pour l’Afrique de l’Ouest et le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad pour l’Afrique centrale.

Les billets et pièces sont fabriqués par la Banque de France dans son usine de Chamalières, près de Clermont-Ferrand. La plupart des pays d’Afrique impriment leur monnaie à l’étranger à défaut de pouvoir le faire chez eux.

LES ARGUMENTS POUR SON MAINTIEN

La stabilité monétaire

« Aujourd’hui, la zone franc offre une stabilité monétaire » : c’est une déclaration d’Emmanuel Macron, président de la République française, le 31 août 2017. L’argument de la stabilité monétaire consiste à affirmer qu’étant aligné sur le cours de l’euro, le franc CFA ne peut pas connaître de dévaluation brusque ni des inflations en dents de scie, comme c’est le cas dans beaucoup de pays africains. Ce qui conduit Emmanuel Macron à affirmer, dans la foulée, que le Franc CFA « rend service aux Africains ». À noter qu’il rend aussi service à la France : contrôler la monnaie de ces pays lui permet d’influencer la politique monétaire de la zone franc.

L’intégration régionale

« Malgré une conjoncture internationale difficile, les États membres de notre espace enregistrent de bonnes performances économiques. Ces résultats encourageants sont le fruit des politiques économiques cohérentes », a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara à La Tribune Afrique, le 11 avril 2017.

L’intégration régionale est l’un des arguments phare des défenseurs du franc CFA. La zone franc permettrait, selon eux, de favoriser les échanges économiques à l’intérieur de la zone mais aussi de maintenir une cohésion forte entre les États membres. En outre, la centralisation de la monnaie dans deux banques crée, de facto, une solidarité entre pays. Selon des économistes pro-CFA, la zone serait ainsi plus préservée des fluctuations de l’économie mondiale et donc, plus résiliente.

La crédibilité internationale

« Cette monnaie confère une crédibilité sur le plan international aux yeux des investisseurs. Dans un pays instable avec une monnaie faible, qui viendrait investir ? » (Noël M. Ndoba, économiste congolais, dans Cameroonvoice.com.)

Ce dernier point tend à faire remarquer que la stabilité du Franc CFA rend les pays de la zone franc attractifs pour d’éventuels investissements. Des investissements essentiels au développement d’économies émergentes. En 2016, pour l’Afrique de l’Ouest, les flux d’investissements directs de l’étranger (IDE) ont crû de 12 % pour s’établir à 11,4 milliards de dollars. Les États d’Afrique Centrale ont connu, eux, une baisse de 15 % en 2016, en partie expliquée par l’instabilité de certains pays de la zone. (Tchad, Centrafrique…).

LES ARGUMENTS CONTRE SON MAINTIEN

La souveraineté monétaire

« Les pays africains ne font que subir l’inflation externe sans pouvoir réagir au plan monétaire. » (Yves Ekoué Amaïzo, économiste togolais à l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel.)

Les États africains de la zone franc ne peuvent pas réévaluer leur monnaie pour la réajuster à la réalité de leurs économies. En fait, les Banques centrales d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale ne peuvent prendre de décision sans l’accord du représentant français qui y siège, lequel dispose d’un droit de veto. Cela pose une limite claire à la souveraineté monétaire de ces pays et réduit considérablement la marge de manœuvre de ces États en matière de politique monétaire.

Monnaie forte, économie faible

« On voit bien avec le cas de la Grèce qu’une économie faible qui a une monnaie forte engendre des ajustements très difficiles à soutenir. Il faut revoir l’arrimage fixe du franc CFA à l’euro, si nous voulons développer nos économies. » (Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la prospective, au Monde Afrique, le 9 juillet 2015.)

Un argument illustré par l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla dans la revue Ballast en mars dernier : « Pour exporter de manière aussi compétitive que les pays asiatiques, les pays de la zone franc ont besoin d’une monnaie compétitive, surtout dans les secteurs à forte concurrence comme le textile. Ce n’est malheureusement pas du tout le cas, l’euro étant, depuis sa création, généralement plus fort que le dollar, monnaie dans laquelle la plupart des exportations sont libellées, ce qui signifie que vendre en francs CFA plutôt qu’en dollars est beaucoup plus coûteux pour l’acheteur. »

L’expert engagé poursuit avec le raisonnement inverse : « Du coup, comme les produits extérieurs sont bon marché, les pays de la zone ont tendance à importer énormément, ce qui empêche l’industrie de transformation locale de se développer », poursuit Ndongo Samba Sylla.

Un dépôt de 50 % des réserves de change à la Banque de France

L’État français demande aux États membres de la zone de déposer 50 % de leurs réserves de change au Trésor Public français, gage de la parité fixe euro-CFA.

« Sur le plan économique, ce dépôt contribue à plomber les possibilités de développement (des pays africains). Cela veut dire que des sommes, qui auraient dû contribuer à nos besoins d’investissements pour soutenir notre développement, nous échappent. » (Demba Moussa Dembelé, économiste et chercheur sénégalais.)

Un argument néanmoins nuancé par l’économiste Kako Nubukpo : « L’accord signé avec la France en 1945, dans le cadre du fonctionnement du compte d’opérations avec le Trésor, était qu’elle couvre l’émission monétaire des pays de la zone franc à hauteur de 20 %. Aujourd’hui, nous la couvrons quasiment à 100 %. Personne n’interdit à nos pays d’utiliser le volet excédentaire des réserves de change pour financer la croissance. C’est ce que j’appelle de la servitude volontaire. »

Un symbole du néocolonialisme

C’est sans doute l’argument le plus largement partagé au sein de la population africaine et des groupes panafricanistes européens : le franc CFA reste une subsistance de l’ordre colonial en Afrique. Symboliquement insupportable, a fortiori pour les activistes panafricanistes très controversés comme Kémi Séba.


Source : Jactiv/Editiondusoir

LAOTRAVOZ.INFO
Vendredi 8 Septembre 2017

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