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Musée du quai Branly-Jacques Chirac: les dix ans de la collection Afrique



La collection des arts africains est un des moments forts du musée du quai Branly-Jacques Chirac qui fête le 25 et le 26 juin son dixième anniversaire avec un « week-end best-of », entrée gratuite. Mais attention : ne parlez pas d’« arts premiers ». « Ce sont des arts africains. Point. » Entretien avec Hélène Joubert, conservatrice en chef et responsable de l’unité patrimoniale des collections Afrique depuis le début du projet du musée du quai Branly-Jacques Chirac.



RFI : Au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, quelle est la pièce emblématique pour la politique d’acquisition de ces derniers dix ans ?

Hélène Joubert : Une des premières pièces emblématiques est la grande statue Djennenke [Mali, population pré-dogon, ndlr] qui ouvre l’accueil du visiteur sur le plateau permanent des collections. C’est la plus ancienne statue en bois d’Afrique. Elle a récemment été datée très précisément de la secondemoitié du XIe siècle ap. J.-C. C’était un moment historique de l’Afrique, au Moyen-Âge africain avec de grands empires. Cette statue monumentale faisant presque deux mètres de haut tout en étant fragmentaire est très intéressante par son iconographie, parce qu’elle montre un roi, un homme avec des attributs féminins, une poitrine féminine, avec des seins pleins de lait, symbole de protection. C’est un roi un peu ambigu qui évoque ces modes de transmissions matrilinéaires qui ont été bien enregistrées par les géographes arabes.

Comment a-t-elle été acquise par le musée du quai Branly ?

Elle a été acquise avant-même l’ouverture du musée. Elle a fait partie de cette campagne d’acquisition importante d’objets qui ont été tout de suite pensés pour ce parcours permanent des collections. C’était en 2004, avec l’aide d’un mécénat qui a permis de garder sur le territoire français cette œuvre insigne tout à fait unique et témoin de l’histoire africaine.

Lors de l’ouverture du musée du quai Branly, on parlait d’une collection de 275 000 objets, rassemblés à partir des collections du musée de l’Homme et du musée des Arts africains et océaniens. Aujourd’hui, la collection affiche 300 000 objets. Combien appartiennent à la collection Afrique ?

La collection Afrique comporte un peu moins de 75 000 objets. Maintenant, on est arrivé au terme d’un récolement et d’une numérisation qui a duré dix ans. Il s’agit d’une très grosse collection, une collection majeure en Europe et sans doute une des plus importantes, uniquement sur l’Afrique subsaharienne et Madagascar.

À part le musée Tervuren en Belgique, est-ce que la collection Afrique du musée du quai Branly est la plus grande et la plus importante au monde ?

Notre collection est plus diversifiée que celle du musée Tervuren qui est très concentrée sur l’Afrique centrale et l’ancien Congo belge. Effectivement, c’est une collection très importante en volume, mais nous avons une collection qui reflète bien entendu plus notre histoire coloniale et nos aires de domination en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, mais on a une collection qui couvre en fait tous les pays du continent africain avec, parfois, des collections très anciennes qui sont le fait de voyageurs, d’explorateurs, avant même le partage de l’Afrique qui a lieu en 1885. Donc on a des collections historiques et des collections assez équilibrées sur l’ensemble du continent africain, même si on a des points forts qui sont liés à cette histoire coloniale entre 1900 et 1960.

Depuis l’ouverture en 2006, combien de pièces ont été acquises pour la collection Afrique du musée ?

Je n’ai pas fait le calcul, mais on a eu des donations importantes. Cela devrait se chiffrer en milliers d’objets.

Depuis dix ans, qu’est-ce qui a changé le plus dans la manière de présenter l’art africain et dans la façon des spectateurs de regarder ces objets ?

On a beaucoup fait évoluer le parcours permanent. On l’a raffiné, complété, informé. On a changé beaucoup le contenu des vitrines. On a commencé le parcours Afrique maintenant avec toute une vitrine archéologique qui n’existait pas à l’ouverture en 2006. On a amélioré un certain nombre de présentations. Par exemple, on a refait toute la représentation autour du royaume du Danhomè. On a mis l’accent sur des moments historiques de l’Afrique. On a un certain nombre de vitrines plus semi-temporaires comme les vitrines textiles où l’on fait des rotations tous les six mois. On montre petit à petit certains fonds plus fragiles et on augmente ainsi notre capacité de montrer nos trésors.
Eberhard Fischer, ancien directeur du Rietberg Museum de Zurich et commissaire de l’exposition Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire au quai Branly, en 2015, insistait beaucoup sur l’importance d’afficher la date et les noms des artistes à côté des œuvres africaines exposées. Où on est-on au musée du quai Branly ?

Cela a été un accent qui a été porté aussi sur la médiation des objets. Essayer de proposer une datation, même si elle est finalement souvent liée à la date de collecte, essayer de travailler sur ces notions d’attributions et d’artistes. On a des attributions dans la boîte Nigeria, dans toute la présentation sur Abomey, par exemple la statue du roi-lion Glèlè [roi du Dahomey de 1858 à 1889] qui est attribuée au sculpteur Sossa Dede. Donc on a vraiment essayé de mettre en avant ces attributions qui, parfois, restent des attributions sans nom puisqu’on peut avoir le maître de ceci ou de cela, ce sont des attributions données à postériori par des études qui ont permis de rassembler des corpus et de reconnaître des mains d’artiste sans qu’on sache exactement le nom de ces artistes. Mais, c’est déjà un premier pas.

Il y a eu le retour des têtes maori et la récente polémique sur les masques hopi. Combien de pièces de la collection Afrique du musée du quai Branly sont concernées par une demande de restitution par des tribus ou pays africains ?

On n’a pas de demande de restitution.

Certains estiment que jusqu’à 90% du patrimoine africain se trouvent aujourd’hui à l’extérieur de l’Afrique. Lors de la présentation des festivités du dixième anniversaire, Stéphane Martin, le président du musée du quai Branly, a déclaré : « Il faut aider l’Afrique à reconstituer son patrimoine ». Comment le musée va-t-il contribuer à cette tâche ?

Je ne crois pas que cela soit véritablement notre capacité à reconstituer le patrimoine africain. Quand vous dites que 90% du patrimoine se trouvent aujourd’hui en dehors de l’Afrique, je n’ai pas du tout une vision aussi claire de ce qui est en Afrique et ce qui serait hors d’Afrique. Il y a quand même encore des collections en Afrique et heureusement il y a des musées en Afrique qui conservent leurs collections. Quel est le pourcentage du patrimoine et de quel patrimoine parle-t-on, c’est assez difficile à évaluer. Effectivement, il y a une présence d’objets issus d’Afrique en Europe depuis fort longtemps qui est liée à la fois aux explorations, après à l’établissement d’un marché de l’art, le développement d’amateurs, de collectionneurs, donc il y a une relation avec les objets africains depuis plus d’un siècle en Europe et aux États-Unis.

Quel est pour vous le plus important projet pour les prochains dix ans de la collection Afrique ?

Pour moi, l’espoir serait d’avoir des relations beaucoup plus fortes avec les institutions africaines, une capacité – comme on l’avait fait déjà – à échanger des projets, à avoir des projets communs, à avoir des expositions itinérantes, à pouvoir renvoyer vers l’Afrique - comme on l’a fait encore une fois au Bénin - une part de ce patrimoine, même si c’est pour des expositions temporaires. Donc je pense effectivement éventuellement à des dépôts, à des solutions qui permettraient ces vas-et-viens de collections.

Avez-vous déjà un projet concret ?

Non, pas dans l’immédiat, parce qu’il y a actuellement beaucoup de situations complexes en Afrique, surtout en Afrique de l’Ouest où se trouvent nos partenaires naturels par l’Histoire. On a malheureusement des situations qui sont préoccupantes en termes de sécurité et de capacité.

Au début du XXe siècle, on parlait de l’art nègre, de l’art primitif, ensuite de l’art tribal ou des arts premiers, aujourd’hui, certains parlent des arts primordiaux. Selon vous, quel est le terme approprié pour parler de ces œuvres ?

Si on parle de l’Afrique, ce sont des arts africains. Point. Ou on parle des arts de l’Afrique subsaharienne, des arts du continent africain. C’est tout à fait clair. Après, on ne peut pas globaliser les arts africains. On a des régions, on a des sous-régions, etc. On peut arriver à détailler, même si on est handicapé par cette question de l’anonymat. On a des œuvres qui vont du Ier millénaire av. J.-C. jusqu’à aujourd’hui en passant par l’essentiel de nos œuvres qui sont sans doute datées du XIXe siècle ou avant. On est encore dans une sorte d’imprécision pour les datations.

Alors on ne parle plus d’arts premiers ?

Non, nous n’avons jamais parlé des arts premiers.

AFP
Lundi 27 Juin 2016

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