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« Nous savons qu’il y a des termes qui vendent bien dans la communauté internationale : torture, dictature, violation des Droits de l’Homme. »





déclare Miguel Oyono Ndong Mifumu,
Ambassadeur de Guinée Equatoriale en France

Laotravoz.info: Bonjour Excellence. Depuis le lancement de notre initiative Laotravoz, nous avons cherché à vous contacter pour un entretien autour des questions de l’heure en Guinée Equatoriale. Et votre mission diplomatique nous a régulièrement opposé un calendrier chargé. Au constat nous réalisons en effet que vous gérez aujourd’hui trois missions diplomatiques Paris, Monaco et l’Unesco. Comment articulez-vous ces trois volets de l’action diplomatique de la Guinée-Equatoriale ?

Son Excellence Oyono Ndong Mifumu : Tout d’abord je suis ravi de vous découvrir enfin. Ensuite je vous dirais que je me suis posé des questions sur l’intérêt que des gens qui s’expriment en langue française portaient sur la Guinée-Equatorial. Et cela jusqu’à créer un site orienté à éclaircir certaines questions de la vie politique et économique de notre pays que tente de noircir certains médias comme vous le constatez vous-même. Evidemment, j’ai beaucoup réfléchi avant de me décider à répondre à votre requête pour une interview. Car vous savez qu’avec la prolifération des moyens de communication sur internet, on ne sait plus qui est qui ; qui cherche à connaître la vérité ou qui cherche à se saisir des opportunités pour mieux noircir l’image d’un pays, d’un régime ou des personnes. C’est pourquoi j’avais émis mes réserves. J’ai laissé le temps au temps. A la longue, vu l’intérêt que vous portez à mon pays, j’ai accepté de répondre à vos questions en commençant par mes occupations.

Vous savez, dès l’accession du Président de la République de Guinée-Equatoriale Obiang Nguema Mbasogo au pouvoir, il a ouvert son pays au monde, en créant des représentations diplomatiques. En Europe nous sommes dans la quasi-totalité des pays et dans toutes les organisations de coopération multilatérales. C’est le cas de l’UNESCO, de notre mission à Genève, de la Francophonie. Et donc je représente la Guinée-Equatoriale en France, à Monaco et récemment en Suisse avant la nomination d’un ambassadeur dans ce pays. Mon expérience comme ancien ministre des Affaires Etrangères dans mon pays pendant cinq ans me permet de gérer ces missions en dehors de ma carrière politique. Ce n’est pas une charge, mais plutôt un devoir.

Un dossier brûlant semble crisper les relations entre la Guinée-Equatoriale et la France c’est le dossier dit des biens mal acquis et qui a déchainé les passions de la presse française. Qu’en est-il ?

Effectivement il s’agit d’une affaire qui perturbe nos relations. Parce que la Guinée-Equatoriale ne reconnaît pas un contentieux bilatéral entre la France et elle. Et la Guinée-Equatoriale ne croit pas savoir que les intérêts français ont été menacés en Guinée-Equatoriale pour que notre pays soit la cible des attaques ou l’objet de saisine de ses biens ou ceux des citoyens Equato-guinéens en France. En outre, en regardant de près ce dossier, il semble qu’il y ait d’autres pays qui ont été accusés avant la Guinée-Equatoriale par les mêmes groupes d’ONG et devant la même justice française.

Nous déplorons une fixation sur mon pays qui n’a pas autant de biens que d’autres. On parle ici d’un immeuble qui abrite les services de la mission diplomatique depuis 2011 et dans lequel je vous reçois aujourd’hui. Pour ce qui est de votre question, ce n’est donc pas à nous de donner une réponse. Parce que, ni l’Etat Equato-guinéen, ni la personne incriminée dans ce dossier n’ont commis un délit préjudiciable aux intérêts français. Nous ne voyons pas en quoi la Justice française est-elle habilitée à juger des faits qui relèvent d’un pays étranger. On se demande quelle est en Droit pénal la figure juridique du terme « Biens mal acquis ».

On peut parler d’extorsion, de vol, mais parler des BMA, on ne voit pas ce que cela veut dire en droit pénal. L’on ne peut s’empêcher de poser les questions suivantes : BMA, mais à qui ces BMA appartenaient-ils ? Par qui et chez qui ont-ils été achetés ? Qui a touché les fonds issus de la vente de ces biens ? La vente en France de ces biens était-elle légale ou illégale ? C’est pourquoi nous estimons depuis très longtemps que cette affaire est politique et elle a des effets dans nos relations diplomatiques et doit donc être réglée dans ce cadre. On ne peut se cacher derrière le principe de la séparation des pouvoirs. Car lorsque la Justice de ce pays a déclaré que les faits incriminés en France ont été commis en Guinée-Equatoriale, et que ceux-ci relèveraient normalement de la Justice de ce pays, ne se déclarait-elle pas de facto incompétente et illégitime pour juger de cette supposée affaire?

Les ONG Transparency France et Sherpa ont été à la manœuvre dans cette affaire est-ce sur la base d’une plainte des populations de la Guinée-Equatoriale qui justifie qu’ils aient déclenché ce dossier ? L’opposition basée en Espagne est semble-t-il partie prenante de ce dossier est-ce que cela ne légitime-t-il pas l’implication de Sherpa et Transparency France?

Je commencerai par dire que les ONG que vous citez ne sont pas des ONG Equato-Guinéennes. Et à notre connaissance, aucune organisation civile, sociale ou politique Equato-Guinéenne ne s’est constituée partie civile dans cette affaire à ce jour. Nous savons qu’une personne membre ou proche d’une ONG ici en France avait eu des affaires dans les milieux du pétrole en Guinée-Equatoriale et qu’il avait été renvoyé par son employeur Français pour des raisons que nous ignorons. Curieusement aussi, un avocat français s’est introduit dans la brèche. Nous sommes informés des manœuvres que des ONG que je ne citerai pas mènent dans cette affaire.

On apprend même que certaines d’entre elles vont jusqu’à convertir la CORED (Coalition de l’opposition pour la restauration d’un Etat démocratique en exil) une coalition politique en association apolitique. Et d’après leurs dires dans les cafés à Madrid, Paris ou Bruxelles où ils se promènent, les membres de cette organisation politique parlent déjà de la récupération de l’immeuble qui abrite les locaux de l’Ambassade à Paris. On pourrait parler ici de la crise d’Avocats qui ont pollué cette affaire au détriment des intérêts de la Guinée-Equatoriale.

Vous parlez de la CORED (Coalition de l’opposition pour la restauration d’un Etat démocratique en exil) association politique devenue apolitique. C’est à dire ?

En effet nous sommes en possession des statuts élaborés à cet effet et qui font d’elle une association apolitique et dont le seul but est de récupérer des fonds issus de la vente des biens confisqués par des Juges au 42 Avenue Foch ; et de ceux qu’ils espèrent, proviendront de la vente de l’Immeuble qui abrite nos locaux. C’est écrit noir sur blanc dans leurs statuts. Tout comme nous savons à Paris où et avec quelle organisation ces statuts opportunistes ont été élaborés.

Aux dernières nouvelles il y a eu le rendu en cassation qui a désormais ouvert l’instruction sur cette affaire en France. Ce à quoi a réagi la Guinée-Equatoriale en annonçant son intention de porter l’affaire à la Cour internationale de la Haye. Quelle est l’évolution du dossier ?

Je viens de vous dire que certains avocats ont brillé par l’art de la formule pour faire traîner cette affaire et ils nous ont entraîné dans des pièges. Ce que je dénonce. A certains nous avons demandé de retirer ce recours en cassation ; car vue les combines, nous savions l’issue que cela prendrait. Tout ceci pour vous dire que l’affaire a été compliquée à dessein. La Guinée Equatoriale n’est pas le seul pays visé. Mais l’on se demande pourquoi un tel acharnement a été fait sur le cas de la Guinée-Equatoriale qui plus n’est pas le pays où le Chef de l’Etat ou des membres de son entourage ont des biens propres en France en dehors du cas, anodin, qui fait l’objet des colonnes de la presse depuis 2011.

On se demande pourquoi cet acharnement, même si on connaît la réponse. Peut-être que nous ne sommes pas dans les cercles traditionnels. Quant à la Cour internationale de Justice, ce n’est pas la volonté de la Guinée-Equatoriale de porter l’affaire à ce niveau. En première instance nous avons proposé à la France une conciliation par la voie diplomatique ; voire une médiation par des instances internationales ou, le cas échéant, par un règlement de la question à la Cour Internationale de la Haye. La balle est du côté de la France. Certes nous respectons l'indépendance de la justice, le fonctionnement indépendant des ONG, mais nous croyons aussi que dans une affaire aux relents politico-diplomatiques, seule la volonté des Etats prime.

Est-ce que les Accords de Vienne ne doivent-ils pas amener la France à réviser sa position ?

Nous avons réglé ce type d’affaire avec la Justice américaine. Et c’est à la France de trouver de trouver la solution car nous n’avons rien à nous reprocher au plan juridique. Le 42 Avenue Foch est un patrimoine de la Guinée-Equatoriale ; enregistré via Notaire et déclaré au fisc français. Pour vous dire que l’affaire est éminemment politique et que les voies diplomatiques sont à explorer je vous donne ici un extrait du réquisitoire du Procureur de la République française le 04 Juillet 2011 contenu dans un mémorandum au sujet de cette affaire : « Attendu que les faits, tels que décrits par l'association plaignante, sont relatifs à l'acquisition et la détention en France, de biens mobiliers et immobiliers, susceptibles d'avoir été financés par les fonds provenant de détournements de fonds publics étrangers, en l'espèce des États du Gabon, du Congo et de la Guinée équatoriale ;

Attendu que la qualification de détournements de fonds publics telle que prévue par l'article 432-15 du Code pénal n'est applicable qu'à des détournements de fonds publics français commis par des dépositaires de l'autorité publique française ; Qu'en l'espèce, à supposer les faits établis, il s'agirait de détournements de fonds publics étrangers, gabonais, congolais, guinéens, commis par des autorités étrangères, gabonaises, congolaises, guinéennes ; Que le délit de l'article 432-15 ne saurait donc recevoir application, et, par voie de conséquence, les qualifications de complicité et recel de ce délit ; » C’est donc vous dire.

On parlait de cette opposition en Espagne. Les soutiens dont elle bénéficie en Espagne ont-ils dégradé vos relations avec le pays du Roi Felipe ? Cette opposition reproche à la Guinée-Equatoriale d’être fermé à la question des Droits de l’Homme. Qu’en est-il exactement ?

A l’heure actuelle de la démocratie pluraliste en Guinée Equatoriale, nul ne peut prétendre être opposant en exil. Surtout que l’amnistie générale accordée en 2014 permettait à toutes les personnes qui s’étaient réfugiées à l’étranger de regagner le pays. La plupart de ces opposants comme Severo Moto qui étaient sous le coup de la Justice pour atteinte à la sûreté de l’Etat dans le cadre d’une tentative de coup d’Etat. La grâce accordée à ce dernier est toujours en vigueur et le restera pour toujours.

La preuve est que d’autres qui ont commis des délits de droits communs comme des détournements sont actuellement en train de battre campagne en Guinée-Equatoriale. Il faut donc croire que tout le bruit qu’ils font sur leur exil n’a pas de justification. Ils avaient l’opportunité de participer à la table ronde de Novembre 2014 et dont les conclusions permettent l’organisation sereine des élections cette année. Tout ceci pour vous dire que malgré leur présence en Espagne, nous n’avons pas de contentieux bilatéral avec ce pays. Sauf qu’en terme politique, beaucoup font toujours une erreur d’appréciation de la réalité politique interne de la Guinée-Equatoriale.

Cette même opposition allonge des listes d’assassinats et montre la Guinée-Equatoriale comme un pays où sévit la répression des opposants. Quel est le mécanisme de la liberté d’expression sous toutes ses formes en Guinée-Equatoriale ?

Nous avons été claire concernant cette fameuse liste. C’est à eux de justifier et d’en présenter des preuves. Car cette liste dressée à Paris en 2015 comme par enchantement, a été montée de toute pièce et ne reflète pas la vérité de l’accusation qu’elle porte. On y trouve des personnes disparues dans l’ancien régime ; d’autres décédés par mort naturelle, sans compter ceux qu’on ne connaît pas. Or le président Obiang Nguema Mabasogo est arrivé au pouvoir en 1979, soit après le décès des personnes en question.

Et depuis qu’il est là, aucune accusation de ce genre n’a jamais été faite. Ni par cette opposition ni par les organisations des Droits de l’Homme. Quant aux sévices et répression dont on veut accuser le régime, retenez qu’un opposant en Guinée-Equatoriale, n’est pas un ennemi à abattre. Peut-être que pour l’opposition en Espagne c’est leur conception vu leurs éléments de langage. Il faut abattre tel ou telle personne parce qu’elle est au pouvoir. Les choses doivent être claires : il n’y a en Guinée-Equatoriale ni prisonnier politique, ni prisonnier d’opinion ou pour une croyance. Nous savons qu’il y a des termes qui vendent bien dans les communautés internationales : torture, dictature, violation des Droits de l’Homme.


Qu’est ce qui peut faire croire à ceux qui ne connaissent de la Guinée-Equatoriale que les clichés issus de certains organes de presse que c’est avant tout un pays des libertés et qu’il n’y pas dans ses geôles des prisonniers politiques ? N’est-ce pas ce tableau qui écorne l’image de la Guinée-Equatoriale à l’extérieur ?

Je dois vous dire que dans certains milieux et dans certains pays on a monté des mécanismes et de puissantes campagnes médiatiques pour, non seulement, discréditer l’image du président de la République Obiang Nguema Mbasogo, sinon son œuvre de développement d’une Guinée-Equatoriale moderne. Simplement parce que c’est un leader politique non manipulable. Il est essentiellement concentré sur la modernisation de son pays. Son unique intérêt est la Guinée-Equatoriale.

C’est un Chef d’Etat ouvert à une coopération entre les Etats et les Gouvernements qui soit sincère, transparente et pour le bénéfice mutuel. Et c’est ce cadre de coopération que nous avons établi avec la France. C’est aussi ce cadre que nous avons voulu avec l’Espagne. C’est cette coopération que nous avons développé avec les Etats-Unis la Russie la Chine et bien d’autres. Et c’est mon rôle que d’œuvrer en faveur de cette dynamique en tant qu’Ambassadeur. Nous ne sommes pas ici pour chercher la confrontation. Mais pour promouvoir et écouter nos amis et voulons aussi que nos amis nous écoutent. Et qu’ils ne nous jugent pas sur la base des mensonges et de la désinformation qui sont véhiculés par certains groupes.

Votre mot de fin.

Nous pensons qu’une profonde réflexion doit être faite pour savoir quelle doit être la nouvelle approche dans les relations entre la France et l’Afrique et de façon générale entre l’Europe et l’Afrique. Trop de personnes sont restées cantonnées aux schémas des années 60 ; voire dans une vision paternaliste empreinte d’autisme et qui n’est ni conforme aux réalités actuelles de l’Afrique ni à ses exigences. Ce continent a aujourd’hui une jeunesse formée et compétente et très au fait des nouvelles technologies et de la réalité du monde au plan économique, politique et scientifique . Les Africains ont décomplexé leurs relations vis à vis d’autres peuples.

Et le maintien des liens séculaires qui ont toujours existé entre la France et le reste de l’Afrique nécessite de comprendre cette réalité. Cela vaut autant pour nous que pour la France. De nombreux cadres français ne connaissent pas l’Afrique si ce n’est à travers Internet. L’Afrique de « papa » est finie. Vous m’excuserez, je suis diplomate et j’ai un devoir de réserve. Je suis aussi un homme politique Africain. Je vous remercie.

Jeudi 24 Mars 2016

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