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Sommet Afrique-France : Ce qui se joue à Bamako


Rédigé le Vendredi 13 Janvier 2017 à 08:20 | Lu 67 fois

La capitale malienne abrite, les 13 et 14 janvier, le 27e sommet Afrique-France placé sous le signe de la paix et de la sécurité. Entre paradoxe et défis.



Vendredi 13 janvier s'ouvre le 27e sommet Afrique-France à Bamako. Pour les organisateurs, « les deux maîtres mots sont la paix et l'émergence. Mais pour développer, il faut sécuriser », ajoutent-ils. Le ton est donné et ce programme est en fait révélateur du double enjeu que contient cet événement, qui est aussi le dernier rendez-vous africain du président français François Hollande, quatre ans après le lancement de l'opération Serval au Mali.

Un sommet hautement politique
Il y a d'un côté les grands enjeux politiques qui reviennent à chaque tenue de ce sommet autrefois baptisé France-Afrique et dont la première s'est tenue en 1973 : la paix, la sécurité, le développement et l'émergence. De l'autre : la réalité du terrain. Au Mali même où se tient le sommet Afrique-France de 2017, en présence d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement africains – quatre ans après le lancement de l'opération Serval contre l'insurrection islamiste, dans le nord du pays – rien ou presque n'est réglé. Et après l'attentat du 20 novembre 2015 de l'hôtel Radisson Blu, l'organisation du sommet a failli un temps échapper au Mali du président IBK en faveur de la Côte d'Ivoire, jugée plus stable et avec une croissance économique de 9 % qui intéresse beaucoup les entreprises françaises. La France et le Mali ont tenu bon, car organiser ce sommet est avant tout stratégique pour les deux pays.

Le Mali veut revenir au premier plan en Afrique en redevenant un allié phare pour l'Europe, et François Hollande veut faire du pays une vitrine pour le bilan de sa politique africaine. Depuis quelques années, l'idée même des Sommets Afrique-France est en quelque sorte de reconnaître l'indépendance de l'Afrique. On l'a vu avec Nicolas Sarkozy en 2008 lors d'une allocution devant le Parlement sud-africain au Cap déclarer que « l'ancien modèle de relations entre la France et l'Afrique n'est plus compris par les nouvelles générations d'Africains, comme d'ailleurs par l'opinion publique française », avant d'appeler à de nouveaux rapports fondés non plus sur l'inégalité, l'exploitation et le ressentiment, mais sur le respect et la reconnaissance des intérêts mutuels. Après lui, François Hollande, ne déroge pas à la règle et promet à Dakar, en octobre 2012 que « le temps de la Françafrique est révolu »… « Il y a la France et il y a l'Afrique », deux entités distinctes dont les rapports devraient être désormais fondés sur « le respect, la clarté et la solidarité ». Cinq ans plus tard, et après deux sommets, les changements, encore une fois, semblent ne se faire qu'à la marge. Le choix du pays hôte, du contexte de crise qu'il traverse et le fait d'inviter des hommes d'affaires démontrent que le tournant est difficile à prendre.

Les questions de sécurité au cœur des discussions

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l'accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes. Depuis 2015, ces attaques se sont en outre étendues du Nord à d'autres régions du pays. Malgré la signature de l'accord de paix issu du processus d'Alger, sa mise en application tarde à se concrétiser.
La défense, parent pauvre des budgets africains, le besoin est aujourd'hui d'autant plus criant que la menace djihadiste a fortement augmenté, notamment en Afrique de l'Ouest, frappée par plusieurs attentats d'envergure à Bamako, Grand-Bassam (Côte d'Ivoire) ou Ouagadougou (Burkina) et où soldats et gendarmes sont régulièrement la cible d'attaques meurtrières. Les armées africaines sont aussi engagées dans nombre d'opérations de maintien de la paix sur le continent, parfois périlleuses. Au Mali, la Minusma est ainsi devenue l'opération de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués en 3 ans.

La France de plus en plus questionnée en Afrique

Pour l'association Survie, les opérations militaires françaises en Afrique alimentent l'instabilité régionale et traduisent un « retour en force » de la France au Sahel, peut-on lire dans un nouveau rapport publié à quelques jours d'un sommet Afrique-France au Mali. « Bien loin de résoudre les crises, ces opérations contribuent à les aggraver et à en créer de nouvelles », affirme l'association de lutte contre la « Françafrique » – ces réseaux d'influence et de pouvoir français sur le continent africain – dans un rapport intitulé « Cinq guerres pour un empire » publié vendredi. En quelques années, les forces françaises se sont « repositionnées dans des pays historiquement réticents à la présence de l'ancienne puissance coloniale comme le Mali et le Niger », affirme l'auteur du rapport, Yanis Thomas. Tout cela « montre clairement la volonté de la France de réaffirmer son emprise sur les pays de son pré carré », juge-t-il. Survie dénonce aussi les « jeux troubles » de la France, notamment au Mali, où « elle s'est appuyée sur le Mouvement (touareg) national pour la libération de l'Azawad (MNLA), l'un des mouvements à la base de la crise malienne ».

Le samedi 7 janvier s'est même tenu à travers toute l'Afrique, l'un des plus importants rassemblements contre le CFA, la monnaie de référence de quinze pays du continent, sur la base de l'arrimage avec l'euro. Dans les rues d'Abidjan, de Bamako, de Bruxelles, de Dakar, de Kinshasa, mais aussi à Londres, Ouagadougou ou Paris, des manifestations ou des conférences se sont tenues pour demander la fin du franc CFA. « Les panafricains organisent pour la première fois, de Paris à Dakar en passant par Abidjan, Ouidah, Londres et Bruxelles, une journée internationale de mobilisation sur le thème du franc CFA et la nécessité de se défaire de cette monnaie post-coloniale », selon les organisateurs.

Mieux investir l'Afrique de demain

Il faut dire que la France a aussi pris du retard sur le plan économique. Les entreprises françaises sont de plus en plus absentes du jeu, et le pays a pris conscience qu'il faut changer sa façon de faire. Une forte délégation du Medef français fera le déplacement au Mali. En face, la forte concurrence venant des pays émergents est un secret de Polichinelle. Tous sont prêts à damer des pions à la France. Les dirigeants africains, eux aussi ont changé de fusil d'épaule n'hésitant plus à faire jouer les concurrences.

Du point de vue du Mali, outre le contre-sommet organisé pour protester contre cette grand-messe, de nombreux Maliens attendent qu'on aborde avec courage certaines questions délicates de la relation franco-africaine. Comme l'immigration, la monnaie, les dettes des pays pauvres ou encore les guerres. Jusqu'à ce jour, aucun véritable programme n'a été diffusé par les organisateurs du forum.

Quatre grands rendez-vous et thèmes en faveur des jeunes, des femmes, des opérateurs économiques et des élus vont être abordés lors de ce sommet. En premier lieu un Forum des jeunes, consacré aux questions d'emploi et de développement (le 12 janvier, au Palais de la Culture). Le lendemain, un « Forum genre et développement » réunira du 13 au 15 décembre, sur le thème de « l'entrepreneuriat féminin dans le domaine de l'agro-business – Comment développer l'agro-business, clé de l'émergence de l'Afrique ? »

Le lendemain, un forum économique réunira des responsables de plusieurs organisations patronales africaines et du Medef français. Et enfin, les chefs d'États et de gouvernement se retrouveront le 14 janvier, au Centre international de conférences de Bamako, pour leur réunion plénière.

PAR VIVIANE FORSON/Le Point Afrique


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