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COTE D'IVOIRE : Bouaké, derrière le brouillard…



Le bombardement de Bouaké conduit par les forces aériennes ivoiriennes, le 4 novembre 2004, a couté la vie à neuf soldats français et un civil américain. Cet événement dramatique va constituer un tournant majeur dans le rôle de la France en Côte d’Ivoire. Cette « bavure manipulée », selon la supposition du général Poncet, ancien commandant de la force Licorne, offrira à l’ancienne puissance coloniale l’opportunité de jouer un rôle actif dans la destitution de Laurent Gbagbo. Retour sur un scandale d’État, révélé par de rares journalistes, depuis trop longtemps occulté.



Novembre 2004. Voilà près de deux ans que la Côte d’Ivoire est scindée en deux entités. Un coup d’État, raté, en septembre 2002 a vu une rébellion armée – qui s’est affublée du sobriquet de Forces nouvelles – occuper tout le nord du pays. Et, malgré l’entrée au gouvernement d’une grande partie de ses dirigeants à la suite des accords Kléber, signés en janvier 2003, ces rebelles ne désarment pas. En dépit de leurs promesses. C’est dans ce climat tendu que les forces loyalistes, sous l’œil (averti) des services français, préparent leur offensive : l’opération Dignité.

Deux jours durant, des frappes aériennes s’abattent sur Bouaké et Korhogo sans éveiller de réactions officielles au sein de la communauté internationale. Le 6 novembre, c’est le drame. L’un des deux Sukhoï ivoiriens frappe un campement français. Bilan : 10 morts et une quarantaine de blessés. Du côté de l’Élysée, la réaction à cette « attaque surprise », selon la diatribe officielle, ne se fait pas attendre : ordre est donné à la force Licorne de marcher sur Abidjan. Le tout en ayant préalablement anéanti l’aviation ivoirienne. Une tragique bavure (de plus) dans cette nouvelle façon de faire la guerre depuis les airs ? Tout n’est pas si simple…

Dès le 10 novembre 2004, le Tribunal aux armées de Paris (TAP) est saisi de l’affaire pour l’ouverture d’une enquête en flagrance. Quoi de plus logique ? Neuf soldats sont tombés. Neuf militaires auxquels nous « devons respect et gratitude », dixit le président Chirac. Neuf héros qui auraient été « jetés dans les sacs plastique tels qu’ils avaient été trouvés sur le terrain : couverts de sang, de poussière, vêtements déchirés, sans être lavés ni habillés », rapportera un témoin en novembre 2012. Neuf victimes auxquels le chef de l’État avait promis de lutter contre l’oubli. Pas forcément pour la vérité…

De fait, la quarantaine de parties civiles a pu constater que la France a surtout brillé par une politique d’obstruction systématique. Comme s’en ouvrira la juge Brigitte Raynaud, auprès de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, lors de sa démission : « Aucun concours spontané ne m’a été fourni par les services qui dépendent de votre autorité (…). Aucun renseignement ne m’a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises ».

Ce dernier point peut apparaître obscur aux non-initiés. Il le reste également pour les plus avertis. Les fameux pilotes du Sukhoï, responsables du drame de Bouaké, sont bien connus et identifiés : Yuri Suschkin et Boris Smahin. Les rares notes des services secrets déclassifiées l’attestent. Arrêtés à Abidjan par les forces spéciales françaises, ces mercenaires seront détenus quatre jours puis… exfiltrés vers le Togo et pris en charge par un certain Robert Montoya. Pas un inconnu, cet ancien gendarme de la cellule antiterroriste élyséenne serait celui qui a fourni à Laurent Gbagbo les avions de chasse et leurs équipages. Ce dernier ne sera jamais poursuivi. Interpellés à la frontière togolaise, retenus une dizaine de jours, les mercenaires seront finalement expulsés à la demande des autorités françaises malgré les contacts pris par Lomé avec la diplomatie hexagonale et la Direction générale de la sécurité extérieure. Quinze mois plus tard, des mandats d’arrêt étaient lancés à l’encontre de ces hommes… En vain.

De quoi accréditer une thèse : celle de la « bavure manipulée » avancée par le général Poncet, rejoint par son adjoint de l’époque, le général Malaussène pour qui le projet initial était bien de « dégommer Gbagbo » pour « mettre Ouattara en place ». Du « pur délire » que tout cela répondra Michèle Alliot-Marie, interrogée par le juge Florence Michon qui avance qu’un témoin « affirme que l’attaque du camp français est le résultat d’une manœuvre élyséenne, mise en place par la "cellule Afrique", (…) visant à faire "sauter" le président Gbagbo ». Et le magistrat d’oser avancer le scénario d’une manœuvre visant « à fournir à l’armée de l’air ivoirienne une fausse information sur l’objectif à bombarder » afin « de faire commettre une erreur monumentale aux forces loyalistes ». Des soldats sacrifiés ? « Les Sukhoï de Gbagbo auraient dû atteindre un local vide et justement fermé ce jour-là pour inventaire. Il n’était pas prévu que des soldats iraient s’abriter derrière », relate Slate Afrique.

Et, dans ce dossier comme dans tant d’autres, on aurait pu croire que l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir allait changer la donne. Il n’en est rien. Oublié le règlement à l’amiable. Oublié le comité franco-ivoirien ad hoc. Oubliées les commissions d’enquêtes parlementaires. Les victimes de Bouaké sombrent, lentement mais sûrement, dans l’oubli.



****



À la suite du bombardement de Bouaké, la force Licorne prend la route d’Abidjan, principalement pour assurer la sécurité de ses ressortissants et de son ambassade. Des manifestations sont organisées à l’appel des Jeunes patriotes face à ce qui est perçu comme une tentative de coup d’État de la part de la France. De fait, la résidence présidentielle se trouve encerclée durant deux heures par les blindés français. Une « erreur d’orientation » selon le colonel Destremau. Entre le 6 et le 9 novembre 2004, face à la mobilisation et les hostilités lancées par certains des manifestants qui s’en prennent aux ressortissants français (trois plaintes pour viols sont enregistrés lorsque le journal Le Monde parle dans le même temps « de corps blancs décapités à la machette »), la force Licorne ouvre le feu à balles réelles, causant la mort de plusieurs dizaines d’Ivoiriens et une centaine de blessés. Parmi les explications avancées pour ces victimes. Le colonel Aussawy évoquera, entre autres, « des ricochets ».

54 ETATS MAGAZINE-HERVE PUGI
Vendredi 26 Février 2016

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