Une seule option aurait pu permettre de tenir les délais constitutionnels, selon le rapport de l’OIF et de l’ONU présenté mardi aux délégués : toiletter le fichier électoral très contesté de 2011. Mais pour cela, il aurait fallu un accord politique entre les partis au plus tard en juin dernier. Or ce rapport était resté jusqu’ici confidentiel.
L’OIF, les Nations unies et la commission électorale ont présenté deux autres options : révision partielle et refonte totale du fichier, qui ne permettront pas de tenir ces délais. Pour Vital Kamerhe, président de l’UNC et co-modérateur de ce dialogue pour le compte de l’opposition, il faut trouver des solutions. « On ne peut trancher comme ça sans comprendre pourquoi il n’y a pas eu d’élections. Bien sûr nous allons situer les responsabilités, mais ce n’est pas l’heure du jugement. Nous ne voulons pas qu’il y ait des soulèvements populaires alors que nous pouvons trouver une solution pacifique ».
Pour la majorité, la solution est toute trouvée, c’est celle privilégiée par la commission électorale aujourd’hui, une refonte totale du fichier électoral. She Okitundu est le rapporteur de la délégation de la majorité au dialogue national. « Cela ne sert à rien de s’entêter à respecter le délai constitutionnel, si on veut ne pas exclure 17 millions du droit de vote. Il faut nécessairement prendre en considération la proposition faite par la Céni. »
Si cette option est confirmée par les délégués au dialogue national, la présidentielle ne pourra se tenir qu’après juillet 2017. Selon la facilitation de l'Union africaine, pour ce qui est de l'enrôlement des électeurs, il existe une divergence de quelques semaines entre les Nations unies et la commission électorale. Pour la refonte du fichier, l'ONU prévoit dix mois et demi à partir de la fin juillet 2016 quand la commission électorale parle de 16 mois et un jour à partir de février 2016. Un nouveau fichier électoral serait donc au mieux disponible entre la mi-juin et fin juillet 2017.