En plus d’amener à l’asphyxie du nouveau régime qui trouve une Guinée-Equatoriale parfaitement exsangue, sans ressources financières pour commencer la restauration, le pouvoir socialiste espagnole s’était organisé à asseoir son contrôle sur les institutions comme à l’époque des indépendances. Mais sans succès.
Tout le monde sait aujourd’hui que Macias Nguema n’avait aucune assise académique nécessaire pour dégager et asseoir une vision transformatrice du pays. Ce n’était qu’un simple commis de l’administration coloniale. Est-ce le fait du hasard si le colon espagnol l’avait désigné lui, plutôt que quelqu’un d’autre pour présider aux destinées de ce pays ? Est-ce déjà par hasard si la transition avait été confiée à deux personnes qui avaient une formation des plus minimales ? Bien sûr que non.
Ni Bonifacio Ondo Edou, président de la Transition, ni Macias Nguema Biyogo, Vice-président n’étaient là pour mettre à mal l’objectif avéré des Espagnols : empêcher que la nouvelle classe ait des ambitions de développement réel et ainsi à la longue acquérir la véritable indépendance. Le but de l’Espagne était de toujours se rendre indispensable. C’est lui qui devait tenir le biberon pour alimenter le nourrisson, le thermomètre pour en mesurer la température, et donner le comprimé pour guérir le mal.
Ce qui va se passer par la suite ne pouvait étonner personne lorsque Macias Nguema prend le contrôle de l’Etat. Il n’a aucune préparation pour porter la Guinée-Equatoriale vers un Etat moderne. Il sombrera dans ce qui était dans ses possibilités : asseoir une dictature des plus féroces où la formation, le socle de l’indépendance réelle, est bannie. Il militarise l’Etat crée une milice en marge de l’armée qui du reste est démantelée et se lance dans des règlements de compte. C’est cet ordre de chose que le président Obiang Nguema Mbasogo bouleversera dès ce 03 août. Mais l’Espagne lui laissera-t-elle pour autant les mains libres ?
Pour le noyauté et mettre à mal son pouvoir, le parti socialiste espagnol qui remplace le régime d’Adolfo Suarez retournera des anciens du régime de Macias Nguema comme Severo Moto et plus tard les incitera à créer des partis politiques pour nuire au régime d'Obiang Nguema Mbasogo. C’est ainsi que la CPDS ou le parti du progrès de l’ancien propagandiste de Macias Nguema, Moto Nsa vont voir le jour.
Il faut donc comprendre qu’il n’y a à la base de ces partis aucune initiative propre des citoyens Equato-Guinéens qui prétendaient les animer, mais des articulations des politiques des socialistes espagnols en vue de déstabiliser un Etat. Leur action la plus ouverte dans ce sens ne sera rien d’autre que celle d’Adolfo Fernandez Marugan fondateur d’une association et d’un blog dissident ASODEGUE financé par le parti socialiste pour servir de relais entre lui et l’opposition Equato-Guinéenne.
Ce pan de l’histoire des ramifications politiques postcoloniales est important à comprendre avant de se jeter dans ce qui existe d’opposition en Guinée-Equatoriale. C’est ce qui explique aussi leur manque d’emprise sur le terrain. Leur armature est le fait des officines espagnoles et ne sont pas l’œuvre de ceux qui les animent.