Je souhaite m'adresser en particulier aux Equato-Guinéens membres de l'opposition en exil. En effet, la violence des débats et des arguments étalée sur les réseaux sociaux lors des Fêtes m'interpelle.
Menaces de mort, espionnage, appels aux meurtres des dirigeants de Guinée Equatoriale, photomontages scabreux... J'ai particulièrement été ciblé par ces injures et menaces sans qu'elles ne m'affectent en rien. En ma qualité d'ambassadeur, j'assume parfaitement de défendre les intérêts de mon pays ainsi que nos dirigeants...
Mais je déplore que la haine et la rancoeur dominent le discours politique et médiatique de notre opposition en exil. Cette haine se tourne maintenant vers les opposants qui mènent leur combat politique à l'intérieur de la Guinée Equatoriale.
Au prétexte qu'ils ne se plient pas au diktat de l'exil décrété par une poignée d'hommes et de femmes, ils se voient injustement qualifiés de “collabos du régime”.
Est-ce que les insultes, les dénigrements et les mensonges peuvent tenir lieu de programme politique et ouvrir la voie au changement que ces militants appellent de leurs voeux ? Bien sûr que non. Pas plus qu'il n'est efficace d'appeler au dialogue depuis l'extérieur et de menacer de mort ceux avec lesquels on veut dialoguer.
Dans la vie, il arrive un moment où il convient de se poser pour se demander si le chemin emprunté est le bon. Celui de l'affrontement systématique ne l'est visiblement pas quand on sait que ces opposants en exil martèlent le même discours depuis des années. Et que le temps passe sans que l'on ne comprenne plus quel est in fine leur objectif.
Miguel Oyono Ndong Mifumu, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Guinée Equatoriale en France