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Le franc CFA, une discorde africaine : seule une minorité de dirigeants africains prétend en sortir



En France, on ne compte plus les articles critiques, les manifestations, les coups de gueule médiatiques contre le franc CFA, cette monnaie de 14 États africains, dont la parité avec l’euro est garantie par le Trésor français. Paradoxalement, on s’intéresse peu à la parole des dirigeants africains qui l’ont en partage. Pourtant, en y prêtant attention, il apparaît qu’ils sont rares à militer pour une sortie unilatérale.



Guinée-Bissau, Guinée équatoriale et Centrafrique : trois États neutres vis-à-vis de la question monétaire

À certains, les questions de la légitimité ou de la réforme du franc CFA ne semblent pas se poser. Ni Faustin-Archange Touadéra en Centrafrique, ni José Mário Vaz en Guinée-Bissau, ni Téodoro Obiang en Guinée équatoriale n'ont émis de critiques ou fait porter des propositions de réformes par leurs gouvernements à propos de leur monnaie commune.

Parmi ces trois États, seule la Centrafrique fut une colonie française, les deux autres ayant été des territoires coloniaux espagnols (Guinée équatoriale) et portugais (Guinée-Bissau). Il est vrai que la République centrafricaine et la Guinée-Bissau font l'objet d'opérations de maintien de la paix portées par l'ONU pour le premier ou par les forces de la CEDEAO dans le cas de la Guinée-Bissau. Autrement dit, la question monétaire n'est pas à l'agenda de leurs gouvernants.

Mais ce n'est pas le cas de la Guinée équatoriale, bien plus stable et prospère : le 4e exportateur pétrolier d'Afrique subsaharienne est aussi le plus riche par habitant d'Afrique centrale (son PIB s'élève à 10,1 Md $ en 2016 pour 1,2 million d'habitants). Aucune raison, ni économique ni politique ne semble donc motiver ses dirigeants à sortir du CFA, qui ne leur rappelle pas non plus leur passé colonial. On note aussi que, à la différence de la majorité des membres du franc CFA chez qui cette monnaie circule depuis sa création, la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau l'ont adoptée longtemps après leur indépendance, en 1985 et en 1997 et après avoir connu des expériences monétaires insatisfaisantes.

Le camp des partisans est aussi celui des dirigeants dont les économies profitent le plus des avantages du franc CFA

Il n'est peut-être pas anodin que le partisan le plus assumé du FCFA soit le président d'un État qui ne se trouve ni à proximité des deux zones CFA ni même sur le continent africain, mais juste à côté, dans l'Océan Indien : la République islamique des Comores, dont la monnaie nationale est aussi liée à l'euro via une coopération monétaire avec l'État français. C'est en réaction aux manifestations anti-franc CFA qui se multipliaient en Afrique et en Europe en décembre dernier que le président comorien Azali Assoumani a déclaré qu'il considérait "l'utilisation du FCFA par les ex-colonies françaises comme une sorte de bouclier empêchant l'Afrique francophone de voir sa monnaie s'effondrer".

Les présidents du Sénégal et de Côte d'Ivoire, Macky Sall et Alassane Dramane Ouattara, ont plusieurs fois vanté la solidité et la stabilité du CFA, Ouattara a même proposé son élargissement à d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, comme monnaie commune de la Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest. Il est vrai qu'ils sont chefs de deux États parmi les plus puissants en Afrique occidentale francophone, dont les économies sont les plus productives et les marchés du travail les plus attractifs de la sous-région. Cette situation est la conséquence d'un double mouvement permis par la stabilité de leur monnaie commune, dont ils tirent bénéfice au premier chef : ce sont à la fois les deux grandes forces motrices de leur espace économique et monétaire africain, l'UEMOA, qu'ils partagent avec 6 autres pays, et aussi les principaux partenaires et cibles des investissements économiques des puissances et entreprises françaises et européennes dans leur sous-région.

Il semble que le président Paul Biya n'a jamais émis de critiques publiques sur le franc CFA ; il a autorisé son gouvernement à se positionner sur le sujet au moment où sa dévaluation était envisagée en Afrique centrale à l'été 2017 ; la position officielle du Cameroun peut donc se résumer avec la déclaration du ministre de l'économie Louis-Paul Motaze prononcée en juillet dernier : "C'est une question très importante, mais actuellement, cela ne constitue pas le plus gros de nos défis. Nous devons renforcer notre système de production et la diversification de nos économies".

C'est à peu près le discours tenu par le président béninois Patrice Talon qui, sans être naïf sur les désavantages liés au CFA, porte une parole très lucide : "Le CFA est-il surévalué ? Oui, mais il n'est pas opportun de le dévaluer. Ce serait une catastrophe étant donné le niveau qu'a atteint la pauvreté. Et pour pouvoir rebondir, il faut avoir un peu de muscle.", disait-il en janvier 2016.

Trois soutiens plus nuancés : Togo, Cameroun, Congo

Le président du Togo Faure Gnassingbé ne partage pas l'opinion de son voisin du Bénin et plaide pour un débat, estimant qu'une évolution du CFA est nécessaire en raison de la disparité et du défaut d'intégration des économies entre les États membres ; il propose "un système dans lequel nous aurions un taux de change fixe non seulement avec l'euro, mais avec un panier de devises internationales." (Février 2010) ; il devait penser au yuan, puisque la Chine est récemment passée devant la France comme premier fournisseur de marchandises du Togo.

La référence à la stabilité du CFA, un des arguments forts des gouvernements-partisans du CFA, a été reprise par le président du Gabon, Ali Bongo Ondiba avec plus de nuance toutefois : "Aucune situation n'est parfaite, idéale, il y a des choses à faire évoluer. Mais je préfère pour l'instant que nous restions dans le cadre du franc CFA, grâce auquel nous avons des assurances.", a-t-il déclaré en août 2016 avant de faire porter par son ministre des Finances une proposition visant à déposer un pourcentage moins important de leurs réserves de devises dans le compte d'opérations du Trésor français.

Ces dernières années, le Congo-Brazzaville a alternativement soufflé le froid et le chaud vis-à-vis du FCFA ; d'abord le président Denis Sassou N'Guesso a entamé en 2016 des négociations monétaires avec la Chine au cours d'un voyage en République populaire, qui visaient à établir une convertibilité entre le FCFA et le yuan, de manière à pouvoir utiliser le yuan au Congo, et le FCFA en Chine. Ce projet d'accord, qui aurait engagé une rupture forte avec le cadre monétaire actuel, est resté sur l'établi. Près d'un an et demi plus tard, le ministre d'État, ministre de l'Économie Gilbert Odongo a nettement clarifié la position du gouvernement congolais dans une tribune intitulée "La souveraineté d'un pays ne se juge pas à sa monnaie" (Jeune Afrique, le 9 janvier 2018), plaidant néanmoins pour "une flexibilité contrôlée" permettant des "ajustements du FCFA de 10 à 15 % par rapport à l'euro".

Seuls les quatre chefs d'État du Sahel prônent l'abandon du CFA et font de cette question une posture politique

C'est en novembre 2017 dernier sur RFI que le président du Burkina Faso a rejoint le camp de ceux qui prônent l'abandon du FCFA. Pour Roch Kaboré, il n'est pas envisageable de créer une monnaie nationale burkinabè, en revanche il s'est déclaré favorable à une monnaie unique pour la CEDEAO, et a affirmé croire en sa future stabilité.

En cela, il faisait écho au président malien Ibrahim Boubacar Keita, favorable lui aussi au remplacement de leur monnaie commune par la monnaie unique de la CEDEAO ; ce dernier avait qualifié en juin 2017 sur Al Jazeera le FCFA de "monnaie coloniale", et parlait de la souveraineté monétaire comme un "préalable" à l'indépendance politique.

De son côté, le président du Niger Mahmadou Issoufou apparaît publiquement comme l'un des dirigeants les plus pressés d'Afrique de l'Ouest à adopter une monnaie unique régionale ; chargé depuis 2013 de la coordination monétaire en vue de mettre en place la monnaie unique de la CEDEAO, ses espoirs ont été déçus en août dernier par le président de la Commission de la CEDEAO, qui a justifié le retard de l'adoption de cette monnaie en soulignant les dissymétries entre États et le manque de convergences entre les économies.

Enfin, les multiples déclarations du président Idriss Déby Itno ont fait du président du Tchad le porte-parole quasi-officiel des anti-franc CFA. La plus connue de ses interventions à ce sujet est son retentissant appel aux pays africains à "quitter le FCFA pour créer leur propre monnaie", qu'il a prononcé le jour des 55 ans de l'indépendance de son pays, le 14 août 2015.

De tous les États membres du FCFA, seuls ceux qui ont un passé colonial avec la France ont des gouvernants qui contribuent au débat sur la coopération monétaire, quand certains dirigeants ne participent ni d'un camp ni d'un autre, comme ceux de la Centrafrique, de la Guinée équatoriale ou de la Guinée-Bissau. Les États les plus puissants et les plus stables des deux zones CFA, Côte d'Ivoire, Sénégal, Cameroun, Bénin revendiquent leur maintien dans la coopération monétaire franco-africaine. Ils sont suivis de près par les dirigeants du Congo, du Gabon ou du Togo, dont les soutiens sont plus nuancés, mais qui restent fidèles au système monétaire actuel.

Enfin se détache le camp des opposants officiel au franc CFA, composé des quatre dirigeants sahéliens, qui sont à la tête des États les plus vulnérables des deux zones monétaires africaines. Reste à savoir si ces derniers ont les moyens de leurs ambitions, considérant que le retrait unilatéral est permis par les traités de coopération, et qu'ils ne l'ont pas déclenché jusqu'à présent.

Source : Les Echos.fr


LAOTRAVOZ.INFO
Vendredi 16 Février 2018

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